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Entrée du cimetière



Le cimetière est le lieu sacré destiné à l'inhumation des corps ou des cendres de toute personne qui a droit à la sépulture ecclésiastique. Le cimetière de Montmagny remplit cette fonction en plus d'être un lieu historique: plusieurs monuments y sont érigés à la mémoire de personnages qui ont marqué l'histoire du Canada.

Lieu de vrai repos par ses arbres magnifiques, ses haies touffues et diverses, ses bordures nuancées, ses plate-bandes de toutes couleurs, il marque bien la dévotion que Montmagny a gardée pour ses morts.

"Chaque élément retourne où tout doit redescendre.
L'air reprend la fumée et la terre la cendre".

Victor Hugo.


Le premier cimetière: de la Pointe-à-la-Caille (1678 à 1771)

Pierres tombales Dans ce cimetière on retrouve surtout des habitants de l'époque mais aussi de nombreux "sauvages" ou "savages" comme il est écrit dans les registres, dont des Micmacs, des Montagnais et des Abénaquis, convertis au catholicisme par les missionnaires. Mais, c'est toujours sous l'église qu'on ensevelit les personnalités. Le Sieur Guillaume Fournier, d'abord le 24 octobre 1699, âgé de 80 ans; ensuite sa femme Françoise Hébert le 16 mars 1716, à l'âge de 90 ans. Leurs restes mortels y reposèrent jusqu'en 1771 pour aller ensuite, après exhumation, au nouveau cimetière près de l'église actuelle.

De nombreux missionnaires se relayèrent donc pour la Pointe à la Caille. Ainsi, de 1701 à 1704, le Récollet Frère Rodolphe du Bus a retranscrit, dans un registre, tous les actes officiels des baptêmes, mariages et sépultures depuis 1679. Son travail sur les enterrements ressemblant à une semonce puisqu'il écrit: "Les bons iront à la vie éternelle; les mauvais iront au feu éternel: là où il y aura des pleurs et des grincements de dents". Heureusement que le coût pour une sépulture ne dépassait pas 1 livre et 10 sols! Une nouvelle église, en pierre cette fois, sera construite dès l'été 1716 pour être bénite en même temps que l'agrandissement du cimetière le 23 juillet 1719.
Reposeront au pied du grand autel de cette église, le curé Desauneaux, mort à 32 ans le 6 juin 1715; Monsieur Jean-François Grenet le 30 octobre 1740; Monsieur Louis Couillard décédé en 1754; Monsieur Rogé Chrétien Le Chasseur, prêtre, le 16 avril 1756. À côté des curés, prirent place le 1er Seigneur de la Rivière du Sud, Jean-Baptiste Couillard, époux de Geneviève Alliez, le 22 septembre 1759, ainsi que Joseph Couillard, clerc minoré, son cousin. Et dans le cimetière on y ensevelit René D'Amours de Douberon, époux de Louise Angélique Couillard Després et Paul Côté, marguillier du banc, veuf de Geneviève Langlois, ces derniers tués par les Anglais le 14 septembre 1759. Sieur André Couillard, membre de l'état ecclésiastique, fut inhumé aussi dans l'église le 4 octobre 1764.
On se rendit compte avec les années qu'il n'y avait plus d'avenir à la Pointe à la Caille pour un agrandissement du village: le cimetière et l'église posaient problème. Là bien sûr, reposaient les restes des pionniers, mais l'emplacement ne fut pas un choix heureux. En 100 ans, pas moins de 15 arpents de côtes avaient été dévorées par le flot du fleuve Saint-Laurent. On comprend pourquoi Mgr Jean-O. Briand avait ordonné aux marguilliers du temps de construire une nouvelle église en 1770 avec un cimetière à un endroit plus sûr près de la Rivière-du-Sud. Ce qui restait du vieux cimetière fut exhumé et placé dans le récent emplacement au nord de l'église où l'on y construisit une chapelle des Morts. La levée des corps commença en 1770 et puis, en 1771, ce fut l'exhumation du corps des prêtres pour être remis dans le nouveau temple. Non seulement "le village" est appelé à disparaître mais même les Récollets, longtemps missionnaires à la Pointe, s'en iront graduellement. En effet le dernier Récollet, Marc Contant, fut inhumé dans le cimetière de Saint-Thomas, le 7 mars 1849. Pierres tombales

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Le second cimetière: de la Rivière-du-Sud (1771 à 1871)

Le terrain du cimetière de la Pointe à la Caille n'était plus apte à recevoir les corps depuis quelques années: il fallait déménager à un endroit plus sûr. Ce qui fut fait quand on eut décidé la construction d'une nouvelle église près de la Rivière du Sud. Dès l'année 1770, l'emplacement était prêt à accueillir des corps après la bénédiction qui eut lieu le 10 juin. Quand à l'église nouvelle, Mgr Briand vint la bénir le 11 septembre 1771 et on pensa aussitôt à y transférer les corps des personnalités inhumées dans l'église abandonnée près du fleuve: il s'agit des anciens curés, travail effectué par le bedeau Antoine Lamarre. Le cimetière situé au nord de l'église (aujourd'hui le terrain de stationnement) mesurait 192 par 146 pieds. Tout autour on avait érigé un mur de pierres pour le garder des animaux et des maraudeurs.
Allée du cimetière En 1775 cependant, Mgr l'évêque va demander de faire construire une sacristie et d'aménager, tout près de l'église, un terrain pour inhumer les enfants n'ayant pas atteint 7 ans, l'âge de raison. Quelques années plus tard, la paroisse Saint-Thomas eut le malheur de perdre son curé, l'abbé Jean-Baptiste Petit-Maisonbasse, le 21 décembre 1780 à l'âge de 61 ans, sans doute usé par les nombreux problèmes de la Nouvelle-France: la conquête en 1759 par les Anglais, l'incendie de la Côte-du-Sud, le harcèlement des quelques militaires qui avaient occupé le presbytère, la construction de l'église, les difficultés d'y ajouter un presbytère convenable que refusaient des paroissiens. Le défunt curé avait tout de même laissé 200 livres à la fabrique. Il reposa en paix sous l'autel du temple qu'il avait fait construire à l'endroit occupé par l'église actuelle.

Dix ans plus tard, tous les défunts enterrés à la Pointe à la Caille avaient été transférés au nouveau cimetière. Fait intéressant: le 5 avril 1809 le cimetière est déclaré pollué par Mgr l'évêque car on y avait enterré un protestant, neveu du Dr Holmes, étant donné que les chemins étaient impossibles pour le conduire à Québec. Dorénavant, chaque nouvelle fosse devra être bénie à part! Et que dire de la Chapelle des morts qui sera l'objet d'une étrange dispute en décembre 1817! Les marguilliers voulaient la déplacer du côté de la maison d'un dénommé Robitaille (à l'emplacement de la maison de Monsieur Eugène Bernatchez) et y construire une clôture. Ce que refusa Monsieur Robitaille qui était sur le point de louer sa maison pour servir de cabaret. La raison pour déménager la Chapelle? L'agrandissement de l'église par le portail. Le 30 octobre 1817, Mgr Plessis trancha: "Prenez les morts où la chapelle sera".

Et pour bien protéger les défunts, en septembre 1821 on érigera un nouveau mur de deux pieds d'épaisseur par six pieds de haut et ce, sur six cents pieds environ de tour. Et la chicane se fera maintenant autour de l'église à agrandir une fois de plus. La dernière grande cérémonie au cimetière aura lieu lors de l'inhumation de Sir Étienne-Pascal Taché, premier-ministre sous l'Union et aide de camp de la Reine Victoria, le 2 août 1865. À une heure et vingt-cinq minutes, le corps du Père de la Confédération fut transporté au cimetière, descendant dans la fosse au bruit de plusieurs salves de mousqueterie tirées par les réguliers.
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C'est dans ce cimetière que fut aussi inhumé le dernier des Récollets de la Nouvelle France. après la prise de Québec par les Anglais en 1759, le règlement de la cour d'Angleterre condamnait les Récollets à s'éteindre sans pouvoir se susciter de successeurs. D'année en année, la mort éclaircissait leurs rangs. L'incendie du 6 septembre 1796, qui mit en ruine le couvent et la chapelle des Récollets de Québec, finit de les disperser complètement. Le frère Marc Contant, l'un des quinze frères survivants, se retira à Saint-Thomas de Montmagny, où il mourut le 4 mars 1849. D'après la tradition, le frère Marc aurait été enterré le 7 mars au pied de la grande croix du cimetière qui se trouvait près de l'église. On vit longtemps l'emplacement du cimetière, mais la grande croix de fer ayant été transportée dans le cimetière neuf, il fut difficile de déterminer exactement le lieu de la sépulture du dernier des Récollets. Il était âgé de quatre-vingt-trois ans.
Déjà un autre cimetière avait été aménagé plus au nord de l'église et il fallut attendre le 13 juin 1921 pour commencer les travaux de relèvement des ossements de ce lieu d'enfouissement. On fit des corvées pour l'inhumation des restes qu'on alla déposer dans le quatrième cimetière, dédié à Saint-Odilon, au bout de la rue Saint-Jean-Baptiste. Le site devint par la suite une place publique. Durant les offices religieux, les cultivateurs de la paroisse y rangeaient chevaux et voitures. Durant la belle saison, comme un kiosque avait été élevé au bout du terrain, la fanfare de Montmagny donnait des concerts populaires. C'est également là que se tenaient les assemblées politiques lors d'élections. Par la suite, ce fut un court de tennis et pour terminer, un terrain de stationnement, ce qu'il demeure actuellement.

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Le troisième cimetière: de l'Anse (1871 à 1925)

Une requête avait été signée pour l'achat d'un terrain pour le nouveau cimetière le 21 août 1870. Dans le cahier des délibérations, on lit ceci: "Vu l'encombrement du cimetière actuel, et l'impossibilité de l'agrandir... Monsieur le curé L. Rousseau est autorisé avec les marguilliers à acheter un terrain de 3 arpents en superficie à cette fin". La transaction se fera le 19 septembre suivant et l'ouverture officielle aura lieu le 9 juin 1871 sur une partie de la ferme qui sera léguée 5 ans plus tard au Soeurs de la Charité pour l'Hospice de Montmagny. Une première sépulture se tiendra le 15 novembre de la même année. On cessera donc immédiatement d'inhumer dans l'ancien endroit près de l'église. Pour bien situer cet emplacement aujourd'hui: au nord du Boulevard Taché, le long de la Rivière des vases, à l'endroit où se trouve la piscine municipale. Selon la coutume, les personnalités qui décèderont, iront aussi sous l'église: le Sieur Louis Fournier (27 décembre 1880), écuyer et lieutenant-colonel de milice; le corps exhumé de Sir Étienne-Pascal Taché (8 août 1884), Père de la Confédération; Monsieur le curé Léon Rousseau (13 décembre 1898). Ce nouveau cimetière a l'avantage d'être à 5 minutes de l'église grâce à un chemin large de 18 pieds: ce qui favorise les processions funéraires. Statue de la Vierge
Pierres tombales Surgirent bientôt de nombreux inconvénients: ce terrain marécageux semblait de plus en plus inconvenable aux inhumations. On estime cependant ces inhumations à environ 6000 durant la période d'ouverture. Selon la coutume il y eut une partie réservée aux non catholiques et la construction d'une chapelle mortuaire. Pendant ce temps, un autre emplacement, en dehors de la ville cette fois, avait été acheté par Monsieur le curé Odilon Marois en 1902, où l'on commença à enterrer les morts en concurrence avec le cimetière de l'Anse. Mais après de nombreuses tergiversations et discussions, le troisière cimetière fut fermé définitivement le 11 mars 1925, après l'inhumation de Rose-Alma Gaumond. Comme le terrain devait être sans enfouissement pendant 40 ans, il ne pouvait servir à d'autres usages avant l'année 1965. Par la suite, de nombreux avis seront donnés au familles de faire l'exhumation de leurs défunts entre autres le 30 octobre 1938. Un dernier avis survint de la part des deux curés de Montmagny en 1948, après l'incendie de l'église Saint-Thomas et la création de la paroisse Saint-Mathieu, par MM Painchaud et Brochu, de terminer toutes les exhumations des corps des paroissiens respectifs. Le terrain fut donné à la ville pour l'érection d'un centre culturel en décembre 1965. On y construisit à la place la Polyvalente Louis-Jacques-Casault.

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Le quatrième cimetière: Saint-Odilon (1902 à aujourd'hui)

Dans les années 1900, le cimetière de la paroisse Saint-Thomas devient à nouveau désuet et des paroissiens "éprouvent une répugnance bien naturelle, d'y déposer les corps de leurs défunts dans les fossés qu'il est souvent impossible de soustraire à l'envahissement des eaux dont le sol est pénétré". Alors, vu les nombreuses demandes de ne plus enterrer là les défunts, les marguilliers votèrent le 11 mai 1902 l'achat d'un nouveau terrain dont "l'entretien et l'amélioration seront payés par le curé actuel Monsieur Victor-Odilon Marois ou par ses successeurs d'office pendant 40 ans à même les revenus".

Avec l'approbation de Mgr Louis-Nazaire Bégin, Monsieur le curé achète, avec ses propres deniers, des terrains de MM. Gendreau et Thivierge d'une superficie de 18 arpents, 32 perches et 251 pieds anglais, sablonneux et situés à environ un kilomètre et quart à l'ouest de l'église. Monsieur Marois avait donc la propriété entière d'un immense emplacement sur le chemin du Coteau. Nommé cimetière Saint-Odilon, probablement pour rappeler le nom du curé Vitor-Odilon et en l'honneur de Saint Odilon, abbé de Cluny, qui avait une grande dévotion pour les âmes du Purgatoire, il prend place maintenant à l'ouest de la ville entre le chemin de service de BML et le rocher du bout de la 12e Rue. Par la suite, Monsieur l'abbé ajouta et paya lui même d'autres terrains hors du centre ville. Le décret d'ouverture eut lieu le 9 juin 1902 et la première sépulture, le lendemain, avec l'inhumation d'une demoiselle Bernatchez, apparentée à la famille Couillard Després. Ce cimetière ne fut jamais consacré officiellement: on bénira donc chaque fosse individuellement. Dès le 21 novembre 1902, des travaux débutèrent pour la pose d'une clôture de fer autour du terrain.
Allée du cimetière Le 12 mars 1903, les marguilliers et leur curé décident alors de lui ajouter une chapelle mortuaire dessinée par David Ouellet et Lévesque, architectes de Québec: cette bâtisse ne fut jamais construite. Une autre personnalité, Pierre-Raymond Martineau, protonotaire de la Cour Supérieure, greffier de la Cour de Circuit, avocat et Député de Montmangy à la Chambre des Communes en 1898, décède en septembre 1903 et est inhumé là. En 1905, il y a déjà plus de 150 corps déposés dans ce cimetière. En août de la même année, on fera la bénédiction du monument de la Sainte Vierge sur le lot de sépultures des Enfants de Marie. L'année suivante Monsieur Nazaire Bernatchez, ex-Gouverneur de la Prison de Québec, décède le 29 août à Québec, à l'âge de 68 ans et 6 mois, et est inhumé le 1er septembre. Des travaux furent faits en 1908 au charnier, avec ajout en mai 1909 d'une croix de fer et d'un clocher et le 13 mars 1911, ce charnier fut transporté du deuxième cimetière au quatrième, celui de Monsieur Marois. On y remarquera un monolithe gris, montant en flèche et dédié à la mémoire d'Amable Bélanger de la Manufacture de poêles, qui décède le 22 septembre 1919.

Peu de temps après son arrivée en 1920, Monseigneur Alfred Paré, fait exhumer les restes qui se trouvent dans le cimetière à proximité de l'église; ils seront déposés dans un lot spécial orné d'un monument en hommage à tous les défunts déplacés de 1679 à 1871. Le 22 mai 1921, les marguilliers et leur curé décident de le fermer puisque aucune inhumation n'y a été faite depuis 50 ans. Après un jugement émis par la Cour supérieure le 15 juin 1921, et à la suite d'une autorisation de Son Éminence le Cardinal Louis-Nazaire Bégin, Archevêque de Québec, il n'a plus sa raison d'être vu son délabrement, étant devenu un champ de broussailles disgracieux.

Revenons au cimetière Saint-Odilon, il fut décidé d'en améliorer l'esthétique. À partir de septembre 1921, on ne tolèrera plus d'épitaphe en bois, ni de croix de fer en fonte fabriquées par la Compagnie A. Bélanger et fixées dans une base en béton: le béton s'effrite vite et la croix tombe. On opte pour le monument en marbre ou en pierres, plus tard en granit. Calvaire Le curé Marois, ayant quitté la paroisse en faveur de
Mgr Paré pour se retirer chez les Soeurs Dominicaines à Québec, fit don à la fabrique Saint-Thomas de son cimetière, le 2 mai 1921; la fabrique l'accepta le 25 et l'Archevêché de Québec le 4 juin. Monsieur Marois mourut l'année d'après, fort endetté, lui qui avait été si généreux pour sa paroisse.

Les améliorations continuèrent: l'agrandissement en 1922 et l'année suivante, l'érection d'un calvaire avec une base en pierres blanches qui restaient de la restauration de l'église, puis l'achat de quatre personnages fabriqués en bronze solide. Il s'agissait de Jésus en croix, sa Mère, Marie-Madeleine et Saint Jean. C'était une oeuvre de l'Union Artistique de Vaucouleurs en France. Ce Calvaire a remplacé celui en bois qui avait été érigé au même endroit.

Tout ce qui sera maçonnerie et terrassement reviendra à Monsieur Désiré Gaulin qui y travailla de 1922 à 1933. Une cérémonie digne de mention eut cependant lieu à l'église, le 18 septembre 1923, pour marquer l'inauguration d'un marbre-souvenir à la mémoire des soldats de Montmagny morts à la guerre ou des suites en 1914-1918. Son Excellence Lord Bing de Vimy, Gouverneur Général du Canada était présent à la commémoration. Petit fait à noter en cette année 1923: l'inhumation le 14 décembre de Gustave Dubé, jugé et exécuté à Montmagny pour le meurtre de son épouse.

Il avait été question dès mars 1924 d'ériger le long du rocher, au nord du cimetière, un chemin de croix ayant comme base le pied de cette longue masse de pierre. Ce qui fut fait à temps en belles pierres de Saint-Marc-des-Carrières par les tailleurs Naud et Darveau; on en profita aussi pour orner en pierres de taille la grande entrée de ce cimetière. La bénédiction de tout cet ensemble fut faite par Son Éminence le Cardinal Louis-Nazaire Bégin, venu spécialement bénir l'église restaurée et les orgues nouvellement acquises, le 22 juin 1924.

En cette même année, le cimetière Saint-Odilon a les allures d'un parc: isolé, boisé, gazonné, drainé par un sol plutôt sablonneux, traversé par des petits ruisseaux qu'il suffira de canaliser et ensuite capter l'eau pour en faire jaillir fontaines et jets d'eau; sa superficie est telle, qu'il sera facile d'en relever les divers quartiers par des rues et de larges avenues. Dans un demi-siècle, il sera l'un des sites enchanteurs de la province, pourvu que l'on procède suivant un plan méthodique, et que les embellissements, les monuments et les inscriptions soient contrôlés par qui de droit. Les multiples formes du culte des morts doivent être de plus en plus mises dans nos paroisses canadiennes-françaises. Tel fut le rêve de Mgr Alfred Paré. On peut dire que l'embellissement du cimetière Saint-Odilon a été l'objet régulier de sa sollicitude. Dans l'après-midi l'été, il s'y fera souvent conduire pour faire à l'arrivée ou au départ, l'exercice du Chemin de croix et travailler lui-même sur les lots et les orner de fleurs.

"Si l'on veut bien en faire
un des beaux lieux
de la région pour nos morts,
il faudra continuer
de rêver."

Chemin de croix

Une célébration spéciale eut lieu au cimetière le 3 juillet 1927 pour commémorer le 60e anniversaire de la Confédération devant le momument de Sir Étienne-Pascal Taché, en présence de représentants du Gouvernement fédéral, de la Ville et de la famille Taché. Mgr Alfred Paré bénira le monument funèbre garni de couronnes et de gerbes de fleurs à cette occasion. Les cérémonies se multipliaient dans le lieu sacré: le 27 mai 1930, Mgr Joseph Gignac bénit et indulgencie le Chemin de croix et on commencera une tradition d'aller officiellement, le mois des morts, faire le pieux exercice: Mgr Paré en aura été le fidèle instigateur. Décédé en 1933, Mgr Paré sera inhumé à Saint-Gervais, sa paroisse natale, mais retrouvera sa place au cimetière Saint-Odilon au printemps de 1951 suite à l'exhumation. Avant de mourir, il avait projeté d'aménager un lot pour les prêtres devant la 14e Station du Chemin de croix; il ne pourra réaliser son rêve!

Extérieur du mausolée



Intérieur du mausolée
De nombreuses personnalités de Montmagny trouveront leur dernier repos dans ce terrain comme les Bélanger, les Béchard et les Rousseau. Mentionnons cependant l'Honorable Philippe-Auguste Choquette, décédé à Québec en 1948; il avait fondé le journal La Sentinelle, avant d'être Ministre, Juge, Sénateur. Une plaque de bronze y résume sa vie. Cette année 1948 marque l'incendie de l'église, le jour de la Toussaint; comme de nombreux prêtres reposaient sous l'église dans des caveaux spéciaux, on fera la translation de leurs restes mortels en juin 1949 dans un lot aménagé près de la grande entrée du cimetière. On continue d'acheter des terrains pour agrandir en 1961, 1972 et 1986. On répare, on embellit continuellement, on pose des plaques commémoratives. On concède en 1981 et 1983 des lots pour l'érection de deux columbariums aux entreprises Laurent Normand et Ruelland et Boulanger à l'endroit appelé "Petit lac" qui avait été cédé à la fabrique en 1925. En plus d'ouvrir de nouveaux lots pour concessionnaires, la fabrique Saint-Thomas fit construire en 1993, face au cimetière sur la 12e Rue, un Mausolée pour répondre aux nouveaux besoins de la population.

Et pour gérer tout cet ensemble, on forma en 1992 une Corporation de gestion, composée de représentants des fabriques de Saint-Mathieu et de Saint-Thomas, même si le propriétaire reste la fabrique de la paroisse Saint-Thomas. En 1998 le Cimetière Saint-Odilon, appelé maintenant Cimetière de Montmagny (pour éviter toute confusion), fait l'acquisition des Columbariums des maisons funéraires Laurent Normand et Ruelland et Boulanger. Et enfin, les beoins augmentant d'une année à l'autre, en cette année 2000, il devint nécessaire de procéder à l'agrandissement du Mausolée et d'y ajouter de nouvelles niches et des enfeus.

Avec les ans, on se rend de plus en plus compte que le rêve de Mgr A. Paré se réalise: le parc funéraire s'embellit et amène son lot de paroissiens et de touristes qui viennent se recueillir auprès de leurs ancêtres et dire une prière, sachant bien qu'avec le temps il y aura des retrouvailles quelque part.



Ô temps courant fatal où vont nos destinées,
De nos plus chers espoirs, aveugle destructeur,
Sois béni! car, par toi, nos amours moissonnées
Peuvent encore revivre, ô grand consolateur!

Louis Fréchette, Les fleurs boréales



Auteurs :
Steve Coulombe,
agent de développement
Jacques Simard, prêtre


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